Projet de Mise en place d’un système efficace de biosécurité et de vaccination pour l’amélioration de la productivité des élevages avicoles au Bénin

Promoteur du projet

L’Union Nationale des Aviculteurs Professionnels du Bénin (UNAP-Bénin) est une Organisation Professionnelle (OP) d’envergure nationale des producteurs d’œufs de table et de viandes de volailles. Elle regroupe à ce jour 85% des aviculteurs.

L’UNAP-Bénin est créée le 08 février 2008 et est régie par la loi du 1er juillet 1901, enregistrée sous le numéro 2012/0260/DEP-ATL-LITT/SG/SAG-ASSOC du 07/06/12, Numéro IFU 6201300061100

Elle est organisée en quatre zones géographiques pour renforcer le relai à la base. Un bureau de trois membres coordonne les activités au niveau de la zone. On distingue :

  • Zone 1: Atlantique – Littoral;
  • Zone 2: Ouémé – Plateau;
  • Zone 3 : Zou – Collines – Mono – Couffo ;
  • Zone 4 : Borgou – Alibori – Atacora – Donga.

L’UNAP-Bénin a son siège au quartier Dangbédja, Abomey-Calavi, Département de l’Atlantique

Coût du projet : 170 245 000 F CFA soit 259 916 Euros
Apport des promoteurs : 21 880 000 FCFA
Apport des promoteurs :
21 880 000 FCFA
Apport des PTF :
27 750 000 FCFA
Subvention accordée par le PARASEP : 120 615 000 FCFA

Objectif du projet

Améliorer la productivité de la filière avicole.

Objectifs Spécifiques :

  • OS1 : Développer un système de biosécurité et de vaccination en aviculture traditionnel
  • OS2 : Développer un système de biosécurité et de vaccination en aviculture moderne
  • OS3 : Amélioration du potentiel génétique en viande de poulet de race locale
  • OS4 : Renforcer les capacités des acteurs intervenants dans la filière

Pertinence du projet

L’offre actuelle d’œufs de table est de 15 000 tonnes par an contre une demande potentielle de 25 000 tonnes. Cela est loin de couvrir les besoins réels basés sur la recommandation de la FAO de 3,2 kg/habitant/an. Avec les décisions du gouvernement béninois qui visent à réduire les importations de viande de volailles et des œufs de table. La demande à satisfaire deviendra importante. Tout projet qui se positionne efficacement par rapport à une telle opportunité, gagnerait en stratégie commerciale et en affaires. La filière avicole est confrontée à des contraintes d’ordre sanitaire qui impactent négativement les performances zootechniques de la volaille. Malgré l’existence de multiples vaccins importés, les volailles continuent de payer un lourd tribut aux pathologies aviaires. Les plus importantes sont la maladie de Gumboro et la maladie de Newcastle. A ceci s’ajoute la menace permanente d’autres pathologies virales telles que l’influenza aviaire. En outre, les aviculteurs modernes et surtout ceux traditionnels sont très peu formés en matière de manipulation des produits biologiques et de système de biosécurité. Cette situation très peu reluisante rend la filière moins compétitive.

La mise en place d’un système efficace de biosécurité et de vaccination tant en élevage traditionnel que moderne est une solution à une production performante, respectueuse des normes sanitaires qui garantissent la santé des animaux et des consommateurs. Ainsi l’activité des principaux acteurs avicoles serait plus rentable. Ceci aura pour effet l’accroissement de leur revenu et par ricochet la création de plus d’emplois pour les jeunes avec pour corollaire une augmentation du PIB du sous-secteur avicole au profit de l’économie nationale. Le revenu obtenu en vaccinant la volaille traditionnelle est de 87 414 FCFA contre 60 925 FCFA en absence de vaccination. L’adoption du système de vaccination induit une amélioration de la valeur financière du temps de travail des éleveurs qui passe de 59.497 FCFA à 359.187 CFA. Avec la mise en place d’un système efficace et efficient de biosécurité et de vaccination de l’élevage tant traditionnel que moderne, on crée un environnement propice au développement de l’aviculture, d’où la pertinence du présent Projet.

Impact économique

Dans le cadre de ce projet 3 volets seront prises en compte à savoir :

  • L’aviculture traditionnelle
  • L’aviculture moderne
  • La gestion des fientes

L’aviculture traditionnelle constitue une possibilité de gain pour les producteurs. Cependant, cette source de revenu est soumise à de nombreuses contraintes qui limitent fortement l’expansion de ces élevages. Il s’agit essentiellement des contraintes pathologiques et alimentaires indexées comme principales causes de la forte mortalité caractérisant les élevages traditionnels.

Pour cela les 225 éleveurs choisis après les formations en recevront des intrants (poussins, éleveuses, des vaccins, des médicaments et de l’aliment).

En aviculture moderne dont la principale source de revenu est la vente des œufs de table une action pour mieux suivre la traçabilité des œufs produits dans nos élevages pourra permettre aux éleveurs après les formations de mieux adopter les principes de biosécurité, de prophylaxie médicale et vaccinale ; de disposer d’estampilleuses pour le marquage de leurs œufs à mettre sur le marché.

La gestion des fientes par la transformation des déjections   contribue d’une large part à l’obtention de bonne mesure de biosécurité et est une source de revenu supplémentaire aux éleveurs. Ce volet nécessitera la contribution des élus locaux qui devront mettre à la disposition du présent projet des aires de stockage des fientes et déchets pour la transformation en engrais organiques.

Au Bénin comme dans la quasi-totalité des pays africains, l’estimation économique des pertes dues aux mortalités consécutives aux principaux troubles de santé observés en aviculture n’a pas fait l’objet d’une étude spécifique ; ce qui ne permet pas aux planificateurs et spécialistes des questions de développement rural d’appréhender la gravité de la situation et de mieux raisonner quant aux dispositions à prendre pour la pérennité des initiatives de développement de l’aviculture surtout villageoise (Bareille et al., 2008)

Chrysostome et al. 2017 Professeur Titulaire, Directeur de Laboratoire de Recherches Avicoles et Zoo économie ont montré que, en aviculture traditionnelle, les pertes annuelles dues aux mortalités consécutives aux pathologies atteignent 14.430 FCFA par poule reproductrice; et ceci à cause du niveau de technicité médiocre des éleveurs, principalement justifié par la non maîtrise des maladies. Un programme visant la réduction de la mortalité aurait des avantages économiques telles que :

  • Augmentation de la productivité du cheptel volaille en élevage (œufs, viande)
  • Augmentation des revenus des producteurs et autres acteurs intervenants dans la filière (les professionnels de santé animale et les auxiliaires, les producteurs céréaliers, les transporteurs, les transformatrices etc.)
  • Amélioration du niveau de connaissance théorique des producteurs
  • Amélioration du niveau de connaissance pratique des producteurs
  • Augmentation du nombre d’ouvriers spécialisés dans les fermes
  • Réduction de la pauvreté en milieux rural et périurbain
  • Disponibilité en engrais organique pour les agriculteurs et les maraîchers.

Les résultats d’une étude du Laboratoire de Recherche Avicole et de Zoo Economie nous révèlent que plus l’éleveur adopte le système de vaccination en milieu villageois plus il a une valeur financière plus élevée. Le revenu obtenu lorsque la vaccination est faite est de 87 414 FCFA contre 60 925  FCFA en absence de vaccination

          La demande et la part du marché espérée   

La finalité est de mettre à la disposition de la population des œufs de tables. De 2011 à 2015, la moyenne de l’offre nationale d’œufs de table est de 8 600 tonnes d’œufs par an contre une demande potentielle de 15 400 tonnes (base consommation nationale de 1,6kg/habitant/an) ou 30 800 tonnes (base recommandation de la FAO de 3,2 kg/habitant/an) (DE, 2015) ; ce qui représente des taux de couverture des besoins de 56 % et de 28 % selon la base considérée. Le déficit est comblé par :

  • Les importations contrôlées d’œufs (réfrigérés ou non) en provenance d’Europe ou d’Afrique du Sud. Elles ont été régulières de 2001 à 2005 pour une moyenne annuelle de 748 Tonnes (9 % de la production nationale), soit une valeur de 130 millions de FCFA. Après une interruption de 2006 à 2011, ces échanges n’ont été signalés qu’en 2012 et 2014 ;
  • Les importations frauduleuses d’œufs en provenance des pays de la sous-région. Cette pratique relève du secteur informel et demeure difficile à cerner.

A travers ce système sanitaire qui sera mis en mise en place, nous espérons monopoliser le marché à hauteur de 70 % dans la zone d’intervention du projet.

Impact environnemental et social

La biosécurité est l’ensemble des mesures requises pour se protéger une ferme contre l’introduction et la propagation des maladies infectieuses.

Elle repose sur trois (03) piliers

  • Pilier 1: Gestion de l’accès
  • Désignation des zones
  • Mesures de contrôle des entrées, déplacements et sorties
  • Pilier 2 : Gestion de la santé des volailles
  • Entrées, déplacements et sorties des volailles
  • Surveillance de l’état de santé des oiseaux et mesures d’intervention
  • Pilier 3: Gestion de l’exploitation
  • Gestion des oiseaux morts et du fumier
  • Assainissement de l’exploitation, des bâtiments, de l’équipement et des véhicules
  • Entretien des installations
  • Gestion de l’eau, des aliments pour volaille et de la litière
  • Programme de contrôle des principales maladies
  • Programme de contrôle des principales maladies
  • Programme de biosécurité et formation

Ce projet est d’utilité pour la protection de la santé publique et animale car la mise en place d’un mécanisme de biosécurité et de vaccination adaptés au système d’élevage avicole des acteurs va garantir la sécurité sanitaire des produits et limiter la propagation des agents pathogènes.

L’augmentation de la production engendrera des déchets. La gestion des déchets pourrait constituer un impact négatif si elle n’est pas bien faite, mais l’utilisation de ces déchets par les producteurs agricoles ou la transformation des déjections en engrais organique constituera des mesures de mitigation de cet impact.

Ce projet est bénéfique pour les producteurs et permettra aux fournisseurs d’intrants et de service d’augmenter leur revenu. Il vise à mettre à la disposition de 225 aviculteurs traditionnels éligibles au projet dont 75 % des femmes ; des poussins de race locale à fort potentiel de croissance (Goliath et Sahoué). De même par un mécanisme de distribution de coqs performants de la part des éleveurs choisis 1125 éleveurs seront impactés. Aussi il permet de créer des emplois pour des femmes et des jeunes le long de la chaine de valeur, d’améliorer la compétitivité de toutes les chaines de valeur de la filière. Sur le plan bien-être animal on notera un impact positif sur le cadre de vie des oiseaux qui contribuera à l’amélioration des performances de production. Le coût de production sera réduit et cela va impacter positivement le pouvoir d’achat des populations riveraines. L’adoption du système de vaccination induit une amélioration de la valeur financière du temps de travail des éleveurs. Pour une adoption moyenne cette valeur est de 359.187 CFA contre 59.497 FCFA.

Les acquis

Activités réalisées