Remise officielle du certificat d’enregistrement et du logo de l’indication géographique ananas pain de sucre d’Allada aux autorités béninoises et au Groupement de Défenses et de Gestion de l’IG APS

« L’OAPI matérialise les efforts de l’Etat, des acteurs de la filière ananas ainsi que des PTF’s (l’UE, l’AFD et la FAO) »

 

Ça y’est, le rêve est devenu réalité, enfin une Indication géographique protégée au Bénin « il s’agit d’un événement que le peuple béninois attendait de tous ses vœux ». 

C’est par ces mots que le Directeur général de l’Agence béninoise de la protection industrielle (ANAPI) Monsieur Gbênjona Mathias Agon a ouvert le mercredi 28 octobre 2020 à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCI Bénin) la cérémonie officielle de remise du « CERTIFICAT D’ENREGISTREMENT ET DU LOGO DE L’INDICATION GEOGRAPHIQUE ANANAS PAIN DE SUCRE D’ALLADA IG APS »  aux Autorités Béninoises et au groupement de Défenses et de Gestion de l’ananas Pain de sucre du plateau d’Allada (IG APS).

Cette cérémonie qui a été présidée par Madame le ministre de l’Industrie et du commerce, Shadiya Alimatou Assouman, et son homologue de l’Agriculture, de l’élevage et la pêche, Gaston Dossouhoui, a mobilisé les partenaires techniques et financiers en l’occurrence le Chef de la délégation de l’Union Européenne (UE) au Bénin, le Directeur  l’Agence française de développement (AFD), le représentant de la FAO ainsi que le directeur général de l’Organisation africaine de la protection intellectuelle (OAPI) et les acteurs du secteur public et privé du Bénin,  .

Cet aboutissement heureux dans l’accompagnement d’un produit du terroir en IGP  a abouti grâce à l’appui de l’Union européenne et l’Agence Française de Développement (AFD) qui soutiennent le  Projet d’Appui au Renforcement des Acteurs du Secteur Privé du Bénin (PARASEP) et le Projet d’Appui à la Mise en Place des Indications Géographiques (PAMPIG 2) et  l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) qui accompagne la filière ananas dans le cadre entre autres du projet « Amélioration de la Productivité, de la Compétitivité et Développement d’une Indication Géographique de l’Ananas Pain de sucre du Bénin ». Ce qui prouve à suffisance le souci constant de ces Institutions, de soutenir les projets liés au développement durable à travers la valorisation des produits dont la qualité est liée à l’origine.

C’est le directeur général de l’Organisation africaine de la protection intellectuelle (OAPI), Denis Bohoussou qui a procédé à la remise officielle du certificat d’enregistrement et du logo de l’Indication géographique protégée (IGP) de l’ananas Pain de sucre du plateau d’Allada aux autorités béninoises. A en croire celui-ci, l’IGP est un instrument de l’OAPI pour le développement agricole de l’Afrique. « Face à la globalisation des échanges, soutenir des produits africains, est le but poursuivi par l’OAPI. Ainsi, les Indications géographiques protégées sont devenues des outils de promotion de l’agriculture ».

Le directeur de l’Agence française de développement, Jérôme Bertrand-Hardy après avoir exprimé sa satisfaction de voir le Bénin bénéficier de cette IGP n’a pas manqué de rappeler aux autorités publiques et privées ainsi qu’aux acteurs leurs nouveaux défis et   exigences. « La reconnaissance d’IGP au Bénin ne sera toutefois un succès que si les autorités béninoises et premièrement le comité national des IG et ses membres mettent en place les mesures nécessaires pour que les consommateurs les connaissent, les apprécient et que les fraudes soient identifiées et réprimées d’une manière efficace », a-t-il affirmé.

Le ministre de l’Industrie et du commerce, Shadiya Alimatou Assouman, marraine de la cérémonie s’est inscrite dans la même logique que son homologue de l’Agriculture, de l’élevage et la pêche, Gaston Dossouhoui, pour exprimer sa joie de voir aboutir les efforts conjugués des autorités béninoises, de tous les acteurs de la filière ananas dont l’Association interprofessionnelle de l’ananas du Bénin (AIAB) ainsi que des PTF (la FAO, l’Union européenne et l’AFD) à travers le PARASEP.

Pour Monsieur Gaston Dossouhoui ministre de l’Agriculture, les autorités béninoises sont déterminées à ne pas s’arrêter en si bon chemin. « L’obtention de l’Identification géographique doit constituer pour nous un réel motif de persévérance dans l’effort continu pour respecter nos cahiers de charges. Nous allons nous battre pour trouver les hommes qu’il faut pour placer ce produit sur tous les marchés. Le chef de l’Etat a lui-même pris ce dossier en main. Et vous le connaissez », a-t-il rassuré.

A la fin de l’événement, le chef de la Coopération de l’Union européenne au Bénin, Ruben Alba Aguilera a accordé une interview à la presse où il a rassuré du soutien de l’UE dans la suite du processus. De même que le directeur général de L’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEx), Laurent GANGBES qui a promis que cette dernière va continuer par accompagner les acteurs en synergie avec les autres PTF.

Le coordonnateur du PARASEP, Oumar Barry a saisi l’opportunité de cette cérémonie pour adresser ses remerciements aux partenaires techniques et financiers dont l’Union européenne et l’AFD, aux autorités béninoises dont les ministres du Commerce et de l’Agriculture et aux acteurs de la filière ananas au Bénin.

Les acteurs de la filière ananas très heureux de voir le fruit de leur travail recevoir cet honneur ont fait savoir que loin d’être une fin en soi, cette reconnaissance est une raison supplémentaire pour travailler davantage et accomplir de meilleures performances. Comme l’a su si bien expliquer le représentant des producteurs d’ananas, le président du Groupement de défense de l’indication géographique de l’ananas pain de sucre du plateau d’Allada (GDIGA) Bernard Gbèlidji Sètondji. « C’est l’occasion d’appeler les acteurs à davantage d’efforts », a-t-il souligné avant de solliciter la continuation de l’accompagnement des Partenaires techniques et financiers (PTF). « De tels défis nécessitent des appuis financiers et techniques pour imposer l’ananas pain de sucre sur le marché international », a-t-il conclu.

Rappel sur la notion d’Indication géographique protégée.

L’Indication géographique (IG), constitue un droit de propriété intellectuelle autonome, au même titre que le brevet ou la marque. Ce droit est expressément reconnu dans l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Cet accord impose aux pays membres de l’OMC de disposer des « moyens juridiques » de protéger les IG. Au terme de l’article 22 de cet accord, l’indication géographique est définie comme suit : « des indications qui servent à identifier un produit comme étant originaire du territoire d’un Membre, ou d’une région ou localité de ce territoire, dans les cas où une qualité, réputation ou autre caractéristique déterminée du produit peut être attribuée essentiellement à cette origine géographique. »

 

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